Origine et évolution de l’abeille domestique « Apis mellifera »

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| Abeille prise dans l’ambre -96 Ma. Tous droits réservés. |
Ces premières abeilles bénéficient d’un climat tropical favorable à leur évolution. Elles se sociabilisent et développent alors très probablement les techniques de construction de rayons durant cette longue période. Elles doivent alors tout simplement suspendre leur couvain à une branche. Présentes sur toute la surface du globe, elles continuent d’évoluer au rythme de celui des fleurs, cela durant toute la période du Crétacé qui prend fin vers -65Ma.
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| Abeille pétrifiée vers -65Ma. Tous droits réservés. |
Notre abeille telle qu’on la connaît actuellement est équipée d’un aiguillon, et c’est la découverte en mer Baltique d’un morceau d’ambre daté de -50Ma renfermant l’une d’entre elles, qui permet d’affirmer l’existence de son ancêtre Apis Mellifera (équipée d’un dard), apparu au cours de l’Eocène inférieur -55Ma à -48Ma.
Les premiers fossiles du genre Apis sont plus récents et datent de l’Eocène moyen de -48Ma à -37Ma.
Au début de l’Oligocène -34Ma, le climat se refroidit d’une manière générale et cela jusque vers les -23 Ma. Ce climat oblige nos abeilles à migrer et se réfugier plus au sud, en Asie.
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| Abeille prise dans l’ambre vers -25Ma. Tous droits réservés. |
On pense que c’est durant cette période de repli en Asie Méridionale dans les régions Himalayennes, qu’Apis Mellifera/cerana apprend à abriter son couvain dans les cavités naturelles, évolution radicale qui lui permettra d’étendre plus tard son expansion durant le Miocène qui suit.
La période de réchauffement du Miocène inférieur de -23 Ma à -15Ma. permet à l’abeille de reconquérir des régions (comme l’Europe qu’elle avait dû abandonner) qui redeviennent progressivement plus propices et tempérées. Elles évoluent selon les régions et les climats et on peut alors parler de tribus.
Ce sont des fossiles de cette période, retrouvés en Allemagne et à Aix-en-Provence, qui confirment son retour dans nos régions.
Puis, intervient une scission entre Apis Cerana et Apis Mellifera vers -6 Ma., séparés ainsi durant 1 Ma. par une barrière de zones géographiques arides, elles poursuivent leur évolution chacune de leur côté, et finissent par se différencier totalement.
C’est l’avènement de l’espèce à laquelle appartient notre abeille noire qui va coloniser tous les milieux.
Illustration: Le Traité Rustica del’Apiculture, sept. 2002, Editions Rustica, Paris, p. 43.
Des analyses ADN révèlent qu’Apis Mellifera Mellifera ( l’abeille noire) se sépare donc des autres sous-espèces d’abeilles entre -1 Ma et -500.000 ans, mais qu’elle vie tout de même en bordure sud de l’Europe et survie là aux glaciations jusque vers la fin du Pléistocène.
Durant l’Holocène qui débute vers -14.000 ans, un réchauffement post-glaciaire débute en Europe, une végétation nouvelle et diversifiée s’étoffe et des forêts s’installent.
Apis Mellifera qui s’était réfugiée au Nord de l’Afrique, reprend alors un rythme migratoire, essaimant, ainsi de nouvelles lignées se forment. Vers le sud jusqu’au Cap Sud Africain c’est la lignée A, vers l’Est au Moyen-Orient et l’Europe de l’Est par la péninsule arabique les lignées C et O (variétés Italienne, Carnolienne et Caucasienne), vers l’Ouest et le Nord à travers le Sahara, elle poursuit sa course et arrive en péninsule ibérique et franchie la barrière des Pyrénées.
Les colonies d’Afrique du Nord se croisent donc avec celles qui avaient survécus confinées au sud de l’Europe.
Apis Mellifera Mellifera face à un immense espace de migration potentiel et forte de ses capacités d’hivernage ne cesse d’essaimer, en direction de l’ouest de l’Europe et de l’Asie Occidentale jusqu’à l’Oural. Elle réalise ce qu’aucune autre espèce n’avait fait jusque là.








