Formation, réglementation, équipements, temps et budget nécessaires à votre ruche et ses occupantes… Voici tout ce que vous devez savoir avant de vous lancer dans cette activité qui peut vite devenir une passion.
Mettre en place une une ruche dans son jardin permet à la fois de produire son propre miel tout en aidant à la pollinisation des plantes de son environnement. Mais on ne s’improvise pas apiculteur. ! Et les lectures, aussi nécessaires soient-elles, ne suffisent pas.
Comment s’initier à l’apiculture ?
Avant de se lancer, il est conseillé de suivre une formation auprès d’un apiculteur expérimenté ou d’un rucher-école est indispensable. Rapprochez-vous des syndicats apicoles :
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- Syndicat national d’apiculture (SNA)
- Union nationale de l’apiculture française (Unaf)
- Ou une association locale d’apiculture pour trouver une formation.
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Toutes ne dispensent pas les mêmes savoirs, certaines sont gratuites et d’autres coûtent jusqu’à 80 € la demi-journée. « Sans une dizaine de demi-journées de cours pour débutant, vous courez droit à l’échec », prévient Frank Alétru, président du SNA.
Où placez la ruche ?
En respectant les distances de sécurité par rapport au voisinage exigées par la réglementation, « vous devez installer votre ruche dans un endroit ensoleillé », explique Yves Robert, apiculteur et auteur du Petit manuel d’apiculture douce en ruche Warré (éd. Terre vivante) et des Produits de la ruche (éd.du Puits fleuri).
Orientez l’entrée vers le sud-est afin que les abeilles profitent des premiers rayons du soleil au printemps et en automne. Protégez-la également des vents dominants avec une haie ou une palissade afin que les abeilles puissent s’envoler aisément.
Choisissez un endroit à l’écart des passages, afin que vos allées et venues ne gênent pas leur trajectoire de vol. Vous préserverez ainsi leur calme et éviterez les piqûres. « Le pourtour de la ruche doit être facilement accessible, afin de réaliser les interventions nécessaires sans être gêné », rappelle David Leyou, expert métier manufacture et jardin du groupe Teract (Gamm Vert, Delbard et Jardiland).
Enfin, installez la ruche près d’une source d’eau (mare, ruisseau…) pour que les abeilles puissent boire, ou optez pour un abreuvoir spécialement conçu pour elles. Soutenez votre ruche en ajoutant à votre jardin des plantes mellifères, surtout si les environs en manquent.
Quels modèle de ruches choisir ?
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- Les ruches à cadres
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Il existe différents modèles de ruches à cadres (Voirnot, Warré, Langstroth…) : les cadres, garnis de cire gaufrée, s’insèrent dans le corps et les hausses pour que les abeilles y stockent leur miel.
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- Les modèles traditionnels
Il existe aussi des modèles traditionnels, comme la ruche tronc, la kenyane ou la Warré sans cadres, qui laissent l’abeille aménager son habitat à sa guise et construire ses propres rayons de cire.
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- Le modèle «Dadant»
Le modèle «Dadant», le plus utilisé, coûte environ 150 €. Ajoutez de 150 à 200 € pour un essaim (une reine et une colonie partiellement développée), que vous trouverez chez un apiculteur éleveur d’abeilles.
Comment s’équiper ?
Pour travailler sur la ruche sans risquer de se faire piquer, il faut une combinaison de protection intégrale avec voile (comptez entre 100 et 150 € si elle est ventilée), des chaussures montantes et une bonne paire de gants épais. Un enfumoir est également indispensable (pour limiter l’ampleur de la réaction de défense des abeilles), tout comme le lèvecadres (un outil qui permet de détacher le couvre-cadre et les cadres) et une brosse (pour décrocher en douceur les abeilles des cadres lorsque vous les prélevez).
D’autres accessoires sont nécessaires pour la récolte :
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- un couteau à désoperculer : pour racler les cadres
- une fourchette (ou herse à désoperculer) : pour les parties en creux sur le cadre
- un bac à désoperculer
- un extracteur sur pied manuel
- un seau maturateur : pour filtrer les impuretés
- un extracteur : sorte de centrifugeuse qui décolle le miel du cadre
- des pots
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« Comptez au moins 800 € si vous achetez le tout », estime Frank Alétru. « Mieux vaut, au démarrage, apporter sa récolte dans une miellerie collective, où le matériel est mutualisé, ou passer par un apiculteur voisin », conseille Yves Robert.
Adoptez les bons gestes
Une ruche nécessite de la surveillance. Un signe que tout se passe bien ? « Aux abords de la ruche, vous constatez en saison un ballet incessant de butineuses, reconnaissables aux provisions de pollen qu’elles rapportent accrochées en boule à leurs pattes », explique David Leyou.
Pour un débutant, il est conseillé d’inspecter la ruche toutes les 2 à 3 semaines. Ouvrez-la pour observer les cadres : combien sont réservés au couvain ? Quel est son aspect, sa surface ? Combien de cadres sont recouverts de miel ?, etc. « Lorsqu’une hausse est pleine, soit vous récoltez le miel et vous replacez les cadres, soit vous en ajoutez une nouvelle par-dessus, sinon vous risquez un essaimage (départ de la reine avec une partie de la colonie) », prévient David Leyou.
Au contraire, si les réserves de nourriture de votre ruche s’avèrent insuffisantes, il faudra impérativement nourrir la colonie avec du sucre sous forme de sirop. Cette inspection permet aussi de s’assurer de la bonne santé des abeilles et des larves… « Il faut savoir identifier les maladies et les parasites des abeilles, sinon ces dernières périront très vite », rappelle Frank Alétru.
Parmi les parasites les plus redoutés, on trouve le varroa, un acarien qui s’accroche sur le dos des abeilles et peut décimer la colonie si l’apiculteur n’intervient pas, ainsi que le frelon asiatique, prédateur d’abeilles que l’on combat en installant des pièges.
Dans tous les cas, l’approche d’une ruche se fait toujours par-derrière. Intervenez par temps sec et chaud, les abeilles seront moins agitées et moins nombreuses que par temps venteux ou orageux.
Réalisez vos gestes avec calme, sans brusquerie. « Si vous êtes nerveux, vous transmettez votre stress aux abeilles. Avant d’ouvrir la ruche, répétez dans votre tête le déroulement précis de votre intervention, vous penserez ainsi à tout le matériel nécessaire », conseille Yves Robert.
Quelle autorisation pour avoir des ruches ?
Il faut déclarer votre ruche habitée auprès du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation dès qu’elle est installée dans votre jardin.. Un numéro d’apiculteur (Napi), à afficher sur la ruche, vous
est alors attribué. Si vous démarrez votre activité entre le 1er janvier et le 31 août, il sera nécessaire de renouveler cette déclaration entre le 1er septembre et le 31 décembre.
Pour offrir ou vendre votre miel en dehors du cercle familial, il vous faut aussi obtenir un numéro d’identification Siren ou Siret auprès de la Chambre d’agriculture de votre département. Il faut alors tenir un registre d’élevage (y noter les interventions sur les ruches, les traitements…) et respecter les règles d’étiquetage.
Quoi qu’il en soit, contactez votre assureur pour vérifier si vous êtes couvert en cas de dommages que vos abeilles pourraient causer à des tiers. Si ce n’est pas le cas, souscrivez une assurance responsabilité civile apicole. Le plus simple est d’opter pour celle négociée par un syndicat apicole de votre région (cela vous coûtera environ 1,50 € par ruche et par an).
Pour installer votre ruche, il est important de respecter des distances de sécurité par rapport aux voisins. Ces règles sont fixées par arrêté préfectoral ou par le maire. Dans de nombreux départements, les ruches doivent être situées à au moins 20 m des propriétés voisines et 100 m des bâtiments collectifs (école…). Le code rural précise toutefois que l’installation reste possible, même sans respecter les distances, à condition que la ruche soit isolée des propriétés voisines ou des chemins publics par une clôture (mur, palissade en planches jointes, haie vive ou sèche) d’au moins 2 m de haut et s’étendant sur 2 m de chaque côté de la ruche.
Ce dispositif oblige l’abeille à dépasser la hauteur d’homme lors de son envol. Ainsi, elle ne risque pas de piquer. Renseignez- vous, quoi qu’il en soit, auprès de votre mairie ou de votre préfecture, avant de
vous lancer.
Quelle quantité de miel espérer ?
Votre ruche ne sera probablement pas productive la première
année. Ensuite, selon les années, en fonction de la météo, la flore disponible, la force de la colonie, les maladies et parasites rencontrés, les soins apportés, elle produira de 0 à 30 kg,
parfois plus.
Il faut savoir qu’une reine atteint son pic de ponte entre 1 et 2 ans. Avec le temps, elle perd de sa vitalité, ce qui impacte la colonie et, logiquement, la production de miel.
